La face cachée des protections hygiéniques jetables conventionnelles…

Dans nos trousses girly, nous y avons toutes inséré un accessoire intime de l’une de ces marques : Tampax et Always (collaborant avec Monsanto, au passage) de chez Procter & Gambel (USA) ; Nett, OB et Vania de chez Johnson & Johnson (USA) ; Nana et Tena de chez SCA (Suède), et bien d’autres encore (Saugella, Saforelle, pour les produits vendus en pharmacie…).

Ces promoteurs escrocs de la santé génitale féminine sont à l’origine d’une pompe à fric monumentale lancée sur le dos des femmes ! La vente française de tous les produits hygiéniques conventionnels réunis s’élève à 35,25 millions d’euros en fin 2016, ceci incluant tampons, serviettes et les autres produits (douche de toilette intime, lingettes, etc.). Peu étonnant : la femme se voit saigner plus de 500 cycles durant sa longue vie fertile. Il y a de quoi renflouer les caisses…

Même si le marché de l’hygiène intime féminine voit ses ventes et son nombre de consommatrices battre des records de chute, cette petite victoire est loin de s’expliquer par une prise de conscience des consommatrices. La raison principale n’est rien d’autre que la diminution du nombre de femmes réglées, due à leur contraception hormonale.

Pourtant, au nom de la santé génitale des femmes, il serait légitime que cette information suivante soit divulguées : toutes ces entreprises, sans exception, sont complices d’un même silence-radio quant à la composition des tampons périodiques et des serviettes hygiéniques. Aucune réglementation n’oblige les fabricants à dévoiler la liste des ingrédients. Aucun statut spécifique n’est dédié à ces accessoires d’hygiène (contrairement à n’importe quel produit cosmétique ou pharmaceutique) : les tampons et les serviettes sont intégrés dans la même catégories que celle des Kleenex et des papiers essuie-tout… On est encore loin de la considération sanitaire des muqueuses vaginales.

Tout a commencé en 1978 : une première épidémie de  Syndrome du Choc Toxique (SCT) avait fait controverse aux Etats-Unis. Au total, près de 600 femmes avaient été victimes de ce syndrome, dont une centaine avait trouvé la mort. Avec sa marque Rely aux slogans You can Rely on (« Tu peux faire confiance ») et We even absorb the worry (« Rely absorbe aussi les tracas »), Procter & Gamble est à l’origine de ce drame.

« We even absorb the worry » – Rely Tampons

En octobre 2012, Lauren Wasser, mannequin américaine alors âgée de 27 ans, se voit amputée de sa jambe droite et de ses orteils du pied gauche, complication issue de la contraction d’un SCT induit par un tampon de la marque Kotex (Kimberly Clark, USA). La problématique de la transparence sur les composants des tampons est relancée. 

Son combat se poursuit encore : Lauren Wasser, toujours en souffrance physique, ne pourra éviter l’amputation de sa seconde jambe, risque annoncé par ses médecins après son opération.

Lauren Wasser, mannequin américaine, victime d’un Syndrome du Choc Toxique induit par un tampon en 2012.

Durant l’été 2015, Mélanie Doerflinger lance une pétition sur Change.org adressée à Procter & Gamble, exigeant la révélation des ingrédients secrets. Mais cette réclamation lucide laisse ses 50000 signataires sans réponse, plus de deux mois après son lancement.

Faute pour les fabricants d’avoir entretenu ce scandale déconcertant, les acharnements appuyés par le magazine 60 millions de consommateurs ont porté leurs fruits : des analyses scientifiques financées par le magazine ont abouti à une liste de toutes les matières premières catégorisées selon les marques de protection hygiénique, parue en février 2016. De ce fait, le magazine a alerté la Direction Générale de la Santé, la Ministre de la Santé (Marisol Touraine), ainsi que la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF).

En avril 2017, est diffusé sur France5 le documentaire Tampon, notre ennemi intime réalisé par Audrey Gloaguen : la problématique sanitaire engendrée par ces accessoires intimes est enfin soulevée auprès des téléspectateurs.

Quelques semaines plus tard, en mai 2017, c’est au tour de la DGCCRF de publier ses enquêtes scientifiques, afin de contrôler la sécurité des produits hygiéniques féminins. Parmi les 20 à 30 produits référés par 60 millions de consommateurs, 8 substances toxiques ont été étudiées et détectées sur 21 accessoires (tampons, serviettes et protège-slips).

Avant de me lancer dans la description de ces 8 substances, je tiens à préciser que la DGCCRF semble minimiser les conséquences de ces résultats : les substances toxiques, retrouvées dans les 27 références de tampons, serviettes, protèges-slip et coupe menstruelle dont les marques ne sont précisées, ne présenteraient aucun danger grave et immédiat pour la santé des femmes puisque la concentration de ces substances ne serait présente qu’en très faible quantité dans les protections hygiéniques conventionnelles.

Sont donc cités Dioxine (PCDD), Furanes (PCDF)Hydrocarbures Aromatiques Polycliniques (HAP), LindanePhtalates (DEHP), EOX, AOX et AMPA.

À tes souhaits ! Mais encore ?

  • de ces produits sont des Polluants Organiques Persistants (POP).
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Qu’est-ce qu’un Polluant Organique Persistant (POP) ?

Famille d’un ensemble de pesticides, de substances chimiques industrielles et de sous-produits involontaires de procédés industriels, les POP sont originaires des activités humaines et sont rejetés dans l’environnement. De ce fait, ils possèdent quatre propriétés spécifiques :

Persistants : leur dégradation est lente, elle peut durer plusieurs années comme plusieurs siècles.

Bioaccumulables : les êtres vivants (humains, animaux, plantes, etc.) ne sont pas indemnes d’une substance POP, puisqu’elle s’accumule dans les cours d’eau et l’air, mais également dans les graisses animales et la chaine alimentaire.

Toxiques : contaminant l’écosystème, les POP sont susceptibles d’induire des effets hautement néfastes chez les êtres humains et dans l’environnement. Classés comme perturbateurs endocriniens, ils détiennent un rôle cancérigène « promoteur » chez l’être humain.

Mobiles : déplacés par les actions de l’air et de l’eau, les POP s’étendent sur de grandes distances. Des concentrations élevées ont été notées loin des points de rejet, dans les lits de rivière et même dans des endroits qui n’ont jamais été au contact de cette substance (en Arctique, par exemple).

En mai 2017, il est annoncé par le site de Cancer Environnement qu’il n’existe aucun texte limitant l’ensemble des rejets de POP (excepté pour l’émission de dioxine).


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1 pesticide : le Lindane est un insecticide organique halogéné, c’est-à-dire issu du chlore, dont l’utilisation est interdite en France et dans l’agriculture mondiale ;

4 substances chimiques industrielles, dont les 2 dernières sont des sous-produits involontaires de procédés industriels :

◙ De leur anglais Adsorbable Organic Halides (AOX) et Extractable Organic Halogens (EOX), les AOX et les EOX sont des composés organiques halogénés obtenus à partir du processus de blanchiment de fibres de bois pour les transformer en pâte à papier.

◙ La Dioxine (PolyChloroDibenzo-p-Dioxine, PCDD) est obtenue à partir du traitement chimique de la cellulose associée au chlore élémentaire. Elle est classée parmi les 10 produits chimiques les plus dangereux au monde, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

◙ Quant aux Furanes (PCDF), ils se différencient de la Dioxine par un seul atome d’oxygène et sont obtenus par combustion.
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Petite parenthèse, grand sujet

La dioxine est également l’un des composants de l’Agent Orange, puissant herbicide faisant office d’arme chimique fabriquée par Monsanto (mais si, souvenez-vous, c’est cette industrie américaine qui fournit ses produits de fabrication à la marque Always !), dont près de 80 millions de litres ont été largués par avion sur les terres vietnamiennes, lors de la guerre du Vietnam de 1955-1975. 

En plus d’anéantir la végétation où se cachaient les combattants Vietnamiens, cette arme a causé des malformations congénitales, des cancers et des maladies du système nerveux chez plus de 4 millions de Vietnamiens. Encore aujourd’hui, des enfants atteints de lourds handicaps issu de l’Agent Orange voient le jour, près de 4 générations après la guerre. Preuve que la dioxine affecte la santé et la fécondité chez l’être humain.

« La fille au Napalm », photo exposée au musée des Vestiges de la guerre, à Hô Chi Minh Ville (Vietnam).

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Toutes ces substances POP sont connues pour avoir les mêmes effets néfastes sur la santé : elles interfèrent avec le système hormonal et le système immunitaire. Elles peuvent également être à l’origine de cancers, de perturbation du système endocrinien, de troubles du comportement psychomoteur (du jeune enfant), de troubles de la reproduction, de maladies et/ou de malformations congénitales.
D’autres études certifient que les POP peuvent traverser le placenta de la femme, exposant le foetus au stade le plus critique de son développement.
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Un lien entre Polluants Organiques Persistants et endométriose ?

C’est la problématique que pose l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) des Pays de la Loire. Parmi les facteurs de risques inconditionnels de l’endométriose, maladie gynécologique touchant plus d’une femme sur dix en France, l’exposition aux contaminants chimiques de type perturbateurs endocriniens se place en tête de liste. Au travers de l’étude scientifique réalisée sur 99 patientes atteintes d’endométriose, l’INRA a mis en évidence la présence de POP dans les tissus adipeux et dans les kystes ovariens contractés par la pathologie.

Polluants organiques persistants et endométriose, une première étude française sur le rôle du facteur environnemental.

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En définitive, les Polluants Organiques Persistants représentent intrinsèquement un grave danger pour la santé humaine et l’environnement, y compris à très faible dose. Et pourtant, les POP précédemment cités ont bel et bien été détectés à l’état de traces dans des tampons périodiques,  notamment ceux des marques O.B et Nett.

  • 1 des produits de la liste est une substances CMR.
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Qu’est-ce qu’une substance CMR ?

D’après la définition et le cadre réglementaire de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), la santé humaine peut être vulnérable face à divers effets nocifs des substances chimiques. Quant aux substances chimiques dites « CMR », elles sont définies par les caractères suivants :

Cancérigène (C) : qui peut provoquer un cancer par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée. Un agent cancérigène est obligatoirement mutagène.

Mutagène (M) : qui est susceptible d’entrainer une mutation génétique, étape initiale de la cancérogenèse.

– Toxique pour la Reproduction (R) : qui peut porter atteinte aux fonctions reproductives par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée.

Les substances CMR doivent obligatoirement être classifiées selon leur dangerosité.

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Il s’agit des Phtalates. Cette substances CMR est aussi appelée plastifiant : les Phtalates sont associés au plastique pour lui attribuer des effets résistants, flexibles et facilement manipulables.

Trois à quatre sortes de Phtalates ont été retrouvés dans 6 marques de tampons. La présence de l’un d’entre eux est commune à toutes ces marques étudiées : le Phtalate DEHP, destinée à augmenter l’assouplissement du plastique et interdit en Union Européenne (sauf autorisation spéciale) en raison d’un risque de toxicité élevé pouvant altérer la fertilité et perturber le système endocrinien. C’est pourtant cette substance qui a été identifiée dans le voile et les absorbants des tampons et des serviettes conventionnels.

  • Enfin, les 2 derniers produits sont les suivants :

Les Hydrocarbures Aromatiques Polycliniques (HAPs) sont des composants naturels qui proviennent du charbon, du pétrole et de la combustion incomplète de matières organiques (tabac, bois, carburant). De multiples HAPs sont classés comme cancérigènes (un seul avéré et d’autres probables). Certains d’entre eux (qu’on ne saurait citer) ont été retrouvés à l’état de traces dans des serviettes hygiéniques et des protèges-slips.

L’AMPA, ou l’acide aminométhylphosphonique, n’est rien d’autre que le principal produit en provenance de la dégradation du Glyphosate, l’herbicide Round Up synthétisé par Monsanto, dont plus de 850 000 tonnes ont été répandues dans le monde entier en 2014.  En plus de posséder les mêmes propriétés toxiques que sa molécule mère officieusement classée comme substance CMR, l’AMPA possède une durée de vie nettement plus importante que celle du Glyphosate. Il peut également provenir plus rarement d’autres sources, telles que des détergents.

Tu ne vas pas non plus me dire qu’il n’y a pas de coton dans les tampons et les serviettes conventionnels ?

Absolument ! Le coton est inexistant dans leurs produits (ou alors, sous forme de traces). Ils sont fabriqués à partir d’arbres qui ont baigné dans du chlore pour être transformés en celluloses. La partie « douce » des produits correspondent souvent à du plastique et ne sont rien d’autre que de vulgaires imitations de coton.

Ce sont donc tous ces petits ingrédients qui font la magie des protections hygiéniques conventionnelle..

Comment peut-on certifier que toutes ces substances toxiques ne présentent aucun danger pour la santé génitale féminine ?
Qu’en est-il pour les autres produits consacrés à l’Hygiène Intime Féminine ?

Les pages à venir traitent les questions posées au dessus. Mais pour ce qui est des alternatives à tous ces produits toxiques, je suis actuellement en train de travailler ardemment sur cette partie, que je publierai très prochainement. Donc pas de panique, les solutions arrivent au plus vite !

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Les règles et l’anatomie

Bibliographie

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