Les règles

Si cela peut commencer par vous rassurer, il faut savoir que nous sommes près de 3 milliards 500 millions de femmes à être menstruées ou bien ménopausées, dans le monde. Tout de suite, on se sent beaucoup moins seules sur Terre ! D’autant plus que nous ne sommes pas la seule espèce vivante mammifère à saigner tous les mois. Ce phénomène se retrouve également chez les grands singes, les primates, les lémuriens et les marsupiaux.
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Peut-on parler de « règles » chez les chiennes ?

Les chaleurs des chiennes ne sont pas des règles : il s’agit en fait d’écoulements vaginaux légèrement composés de sang, déclenchés tous les 6 mois. En opposition au cycle menstruel des femmes, les chaleurs de ces mammifères sont un signe physique traduisant qu’il y a ovulation, et donc que fécondation peut se produire. La femme ne possède aucun signe physique laissant deviner sa période d’ovulation.

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Au commencement du cycle féminin, les ménarches, nom désignant la période des premières règles, apparaissent aux alentours de 12 ans.

Pour ma part, c’est à la veille de mes 10 ans que Dame Nature a fait apparaître mes premières règles. Mes premiers signes ? Tout simplement une douleur rénale linéaire effet coup de poing dans les lombaires, amplement supportable. Ainsi que des pertes vaginales d’une couleur étrangement marron, au fond de ma culotte rouge. Oui oui, je me souviens de ce détail !

Enfin, la vie féconde féminine se termine vers l’âge de 52 ans : il s’agit de la ménopause.

Chaque période de règles est unique : d’un cycle à l’autre, une différence plus ou moins flagrante peut instinctivement se remarquer. C’est pourquoi il est essentiel en premier lieu d’éliminer certains stress que l’on peut involontairement se faire sur les 8 paramètres des règles. À noter que les informations ne sont pas une généralité : des différences se perçoivent entre chaque cycle menstruel, ainsi que d’une femme à une autre.

Les 8 paramètres des règles

la couleur : marron, rouge clair, rouge foncé, noir, un superbe camaïeu ! La couleur des premières règles est souvent marron, contrairement à ce que l’on peut penser ;

la durée : 3 à 6 jours en moyenne, cela peut s’écourter comme se prolonger ;

la quantité : en moyenne, 50 mL de sang s’écoulent à chaque cycle. Ouais, l’équivalent de 2 doses de Ricard quoi.. Hum, plutôt l’équivalent de 4 cuillères à soupe. Certaines femmes peuvent tout à fait se voir perdre que quelques gouttes, ou bien avoir des règles plus abondantes, voire hémorragiques allant au-delà de 80 mL ;

La dilution d’un Ricard, une règle fondamentale..

l’aspect : cailloteuses, visqueuses, grumeleuses ou liquides, les règles ne sont pas uniquement constituées de sang : l’endomètre expulse également ses tissus associés au sang et aux fameuses glaires cervicales (ou pertes blanches) ;

la composition : protéines, sodium, potassium, cholestérolbilirubine et même bactéries. Tous ces éléments sont les principaux composants de la glaire cervicale. Associés au sang menstruel, ils ont pour fonction de protéger le vagin et l’utérus des infections. La seule particularité qui différencie le sang menstruel du sang qui coule dans nos autoroutes artérielles et veineuses est qu’il ne possède pas d’éléments propices à la coagulation, il sèche au contact de l’air.

la régularité : elles réapparaissent tous les 29 jours environ ; les premières règles sont souvent irrégulières durant les premiers cycles, voire les premières années. Elles peuvent tout à fait rester irrégulières ou devenir presque aussi précises qu’une horloge ;

l’odeur : que l’on se mette d’accord, les règles ne produisent aucune mauvaise odeur. Certes : elles ont une odeur, mais elle est très discrète et loin d’être désagréable (enfin… ceci est mon ressenti, tout le monde n’est pas forcément de mon avis). Ce qui provoque des odeurs de menstruations, ce sont les produits hygiéniques jetables : les tampons et les serviettes. Bourrés de composants chimiques et de parfums toxiques, ils transforment totalement l’odeur des règles, contrairement à ce que peuvent nous indiquer les publicités.

les symptômes : présence ou absence de douleurs, de crampes, de maux de tête, de nausées, de diarrhées. Il est possible que des petits soucis de transit soient associés aux menstruations, souvent causés par les crampes utérines.
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Pourquoi les règles sont-elles douloureuses ?

Les douleurs de règles sont également appelées dysménorrhée. Plusieurs contractions utérines sont provoquées au cours de la journée, caractérisées par ces fameuses douleurs de bas-ventre et de bas-dos. Elles représentent un signal d’alerte : les tissus de l’utérus et le sang vont être expulsés quelques secondes/minutes après le début des contractions. A contrario de ce qu’on peut s’imaginer, le sang ne coule pas en continu.

À ce jour, il n’existe aucun antalgique spécifiquement dédié aux douleurs de règles. Être attentif à ces contractions fait partie intégrante de l’apprentissage du flux instinctif libre, méthode de protection hygiénique autonome, indépendante de tout matériel d’hygiène intime féminine.

Des douleurs menstruelles vécues comme intenses et paralysantes, voire irradiantes vers d’autres parties du corps (appareil digestif, jambes, tête, etc.) peuvent être originaires d’une endométriose, maladie chronique causée par la toxicité de certaines marques de tampons et de serviettes hygiéniques, touchant 10% des femmes en âge de procréer. Nous aborderons ce sujet de manière plus approfondie dans les pages à venir.

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Si vous ressentez de l’inquiétude, du doute quant à votre cycle, vous pouvez prendre rendez-vous ou bénéficier d’un conseil professionnel auprès d’un planning familial. De nombreuses adresses sont disponibles en France, les rendez-vous sont rapides à obtenir et gratuits. Il y a également possibilité d’obtenir un rendez-vous chez un(e) gynécologue, mais il est fort probable que le délais soit plus long.

En cas d’insatisfaction, suite à un quelconque entretien médical, il ne faut pas hésiter à se tourner vers d’autres professionnels de santé. C’est tout en notre dignité d’être correctement informées sur notre santé et de nous autoriser à remballer des professionnels qui ne nous respectent pas ! Ils sont peut-être du métier, mais ce n’est pas une raison pour décider à notre place de ce qui nous est bon ou mauvais. Les prises de décisions doivent avant tout être adaptées à nos choix, nos convenances et nos convictions.

Le grand mystère des règles – Jack Parker, éditions Flammarion, 2017.

 

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Bibliographie

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