Docu élucidé #03 – Le livre noir de la gynécologie – Livre

« Le livre noir de la gynécologie – Maltraitances gynécologiques et obstétricales : libérer la parole des femmes« , un livre écrit par Mélanie Déchalotte, journaliste indépendante et documentariste à France Culture.
Au travers de cette réflexion féministe, l’auteure dénonce les violences prodiguées lors de soins gynécologiques et obstétriques. Un engagement humaniste qui permet aux femmes de se réaproprier leur corps et leur sexualité, de la puberté à la ménopause, en passant par la contraception et l’accouchement.

Le livre noir de la gynécologie, de Mélanie Déchalotte, paru en octobre 2017 aux éditions First Editions

Vers la dénonciation des violences gynécologiques et obstétricales

  • Mars 2014. Agnès Ledig est une sage-femme, mais pas n’importe laquelle. Sur son blog Du papillon à la plume, elle dénonce une pratique obstétrique faite aux femmes après leur accouchement : le point du mariCet acte médical, enseigné dans certaines écoles de sage-femme françaises jusque dans les années 2000, consiste à  recoudre le vagin d’un ou plusieurs points de suture supplémentaires, à la suite d’une épisiotomie. Son unique but : accentuer le plaisir de Monsieur lors de l’intromission de son sexe dans le vagin de Madame, volontairement resserré lors de la suture.
  • Novembre 2014. #PayeTonUtérus est balancé sur Twitter par une étudiante en pharmacie. Le lendemain, sont recensés plus de 7000 Tweets. Les femmes n’hésitent pas à raconter leurs expériences désastreuses vécues auprès de professionnels de santés. L’intégrisme religieux de pratiquants moralisateurs et maltraitants est omniprésent dans leurs témoignages.
  • Janvier 2015. Un pharmacien publie sur Twitter des documents révélateurs provenant de la faculté de médecine du CHU Lyon-Sud. Une importante controverse médicale est lancée : les étudiants en médecine pratiqueraient des touchers vaginaux sur des patientes sous anesthésie générale. Sans le consentement de ces femmes, la faculté de médecine se rend responsable de violences gynécologiques et de fautes pénales graves.
  • Septembre 2015.  France Culture présente l’émission Sur les docks – Collecte Témoignages : Maltraitance gynécologique, un documentaire de Mélanie Déchalotte et François Teste. Plusieurs centaines de témoignages féminins sont récoltés dans les heures qui suivent la diffusion de l’émission-radio. Sont dévoilées maintes formes de violences subies : chantages, pressions, menaces, manipulations mentales, voire viol.
  • Septembre 2016. Marie-Hélène Lahaye, juriste féministe, publie sur son blog Marie accouche là une définition des violences obstétricale. Hormis ces écrits, il n’existe à ce jour aucune définition absolue et universelle de la violence obstétricale.
  • « Votre col de l’utérus doit être parfait pour la levrette » – Un gynécologue du CHU de Nantes à sa patiente.

    Toutes ces dates-clés sont l’évolution d’un mouvement féministe solidaire contre les maltraitances gynécologiques et les violences obstétricales massives. Une réalité tristement ignorée des praticiens eux-mêmes et de la société.

Suite au succès bouleversant de son documentaire sur France Culture, Mélanie Déchalotte nous livre dans son récit une étude engagée issue de secouants témoignages de femmes, toutes victimes d’une institution déshumanisante, mêlant violence et sexisme. De la consultation gynécologique à l’accouchement, en passant par l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) et la Procréation Médicalement Assistée (PMA), elles expriment un malaise, une souffrance vécue qui leur semble anormale.

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Les réseaux sociaux donnent accès à la discussion !

Les pages et groupes Facebook militants tels que Stop à l’impunité contre les violences obstétricales ou encore Paye Ton Utérus donnent un accès libre à des témoignages, conseils et informations. Qui souhaite partager son expérience ou être soutenu dans un cadre privé y est bienvenu.

Paye ton utérus, groupe Facebook.

 » Doigts, mains, forceps, aiguilles et ciseaux sont les instruments du viol obstétrical. »
Amity Reed, féministe anglaise.

Cette violence de la mise au monde en maternité, les féministes anglaises l’appellent le Birth Rape, où la question de l’absence de consentement est au coeur de leur combat. Bien qu’une pénétration sexuelle non consentie soit un viol, l’idée même du viol dans le domaine de l’obstétrique est inconcevable, de par la désexualisation des femmes enceintes par les obstétriciens et leur savoir scientifique, considérant ces dernières comme inférieures aux médecins.

Pourtant, les témoignages poignants de ce livre prouvent toute la violence et la déshumanisation des obstétriciens envers les futures mères. Les traumatismes physiques et psychiques dont elles font état sont semblables à un viol. C’est pourquoi toutes ces femmes victimes de violences obstétricales demandent à accoucher à l’avenir par césarienne ou à domicile, voire refusent catégoriquement d’enfanter de nouveau. En transformant le corps des femmes en machine à repeupler, les praticiens obstétriques ont envisagé la grossesse et la mise au monde uniquement sous l’angle de la pathologie éventuelle pouvant survenir.

« La pathologisation de [ces] phénomènes physiologiques normaux est un moyen de soumettre les femmes aux médecins, et donc d’assurer un contrôle sociétal très puissant sur leur corps. »
Marie-Hélène Lahaye, juriste blogueuse.

L’accouchement, un phénomène féminin devenu une affaire d’hommes

Au XVIème siècle, l’accouchement est encore un évènement qui se déroule en toute intimité, exclusivement féminine, à l’abri des regards masculins. Depuis des siècles, la matrone, femme désignée par la commune, se rend dans les foyers pour assister les futures mères lors de la mise au monde.

A cette même époque, l’Église et l’État se soucient de la démographie : souhaitant l’accroître, ils luttent contre l’infanticide et l’avortement. Suspectées de connaître des méthodes contraceptives et de provoquer des avortements, les matrones, perçues comme des sorcières, sont pointées du doigt. Pour assurer plus de contrôle, ces dernières sont placées sous tutelle de l’Église, soumises aux nouvelles directives afin d’être reconnues dans leur pratique. Les sages-femmes jurées sont alors intronisées au sein des Églises, afin de convaincre les femmes enceintes de garder l’enfant.

En fin de siècle, la corporation des chirurgiens se fait une place auprès des matrones, devenant leurs assistants, ce jusqu’à la fin du XVIIème siècle. Courant XVIIIème, la situation s’inverse : les chirurgiens se voient affectés au premier rang grâce à leurs inventions techniques. Crochets, leviers et forceps voient le jour, sollicités notamment lors d’accouchement difficiles. Seuls les chirurgiens détiennent l’accès à ces ustensiles, formellement interdits aux accoucheuses. Cette pratique masculine reste douteuse, mais avec le temps et l’évolution du forceps, elle se perfectionne.

Ustensiles obstétriques du XVIIIème siècle

Au XVIIIème siècle, les hommes et le système capitaliste s’emparent de la fonction reproductive du corps des femmes. Devenues esclaves de l’enfantement, elles ne sont destinées qu’à être des machines qui repeuplent le royaume. Encouragé par les Lumières et plus tardivement par Napoléon Ier, le pouvoir politique traque tous les facteurs de mortalité : à nouveau, les matrones sont accusées d’être les décimeuses de la population.  En 1750, une campagne de diffamation envers les sages-femmes terrorise la population avec ses histoires cruelles et terrifiantes. Les archives d’époque recensent une infinité de témoignages accusant les matrones de leurs incompétences, et nuisant à leur profession. Alors que la mortalité des mères en couche est élevée, ce fatalisme séculaire cesse grâce à la pratique des chirurgiens : leur matériel médical sauve femmes et enfants.

Angélique du Coudray, formatrice pionnière de l’enseignement obstétrical au XVIIIème siècle.

C’est au cours de ce même siècle que la formation de sage-femme est institutionnalisée. Vers 1730, leur droit d’exercer leur est accordé après un examen de passage et un paiement de ce droit. L’avènement de la profession est officialisé vers 1760 : les femmes souhaitant exercer cette profession doivent avoir recours à une rapide formation médicale. Angélique du Coudray, maitresse sage-femme formatrice, développe cet enseignement et transmet son savoir dans toute la France. Bien que la formation conditionne les futures sages-femmes à être moins sensibles et moins proches des femmes, leur autorité permet d’entretenir une certaine pudeur féminine, maintenant les accoucheurs à l’écart. Ces derniers ne sont appelés qu’en cas d’accouchement laborieux, où forceps et césarienne sont engagés.

Marie-Louise Lachapelle, sage-femme en chef de 1795 à 1821

Au début du XIXème siècle, à la maternité de Port-Royal de Paris, Marie-Louise Lachapelle, sage-femme en chef, s’empare du forceps pour accoucher ses parturientes. Les femmes qui lui succèdent également… Ce jusqu’à la création du corps des accoucheurs des hôpitaux en 1881, éloignant les femmes de l’utilisation du matériel obstétrique. Seules quelques sages-femmes détournent cette interdiction en milieu rural, où leur domination persiste.

Durant cette période, en milieu urbain, l’hôpital est considéré comme le lieu d’accueil des indigentes et des jeunes filles perdues. Mais la situation change à partir de 1840, lors de l’intromission des anesthésiants et des analgésiques : les femmes souhaitent donner naissance en milieu hospitalier pour avoir recours aux morphiniques et aux antalgiques opiacés. L’anesthésie obstétricale est une nouvelle occasion pour les accoucheurs d’interdire les sages-femmes d’administrer ces thérapeutiques.

Alors que les décès en couche dans les foyers de campagnes sont nettement moins fréquents, des épidémies de fièvres meurtrières surviennent dans les hôpitaux. En 1878, après la découverte des microbes, Pasteur fait mettre en place une campagne de prévention hygiénique. Cette révolution permet d’introduire progressivement des pratiques d’asepsie et de stérilisation et de faire chuter radicalement le taux de mortalités en couche.

Louis Pasteur dans son laboratoire de l’Ecole normale supérieure. Huile sur toile par Edelfelt (1854-1905) en 1886.

Pour encourager les femmes enceintes à se rendre à l’hôpital pour accoucher, une loi est créée en 1930, donnant accès à une prise en charge de l’hospitalisation et à une allocation mensuelle d’allaitement. Le suivi médical est devenu obligatoire : l’accouchement n’est plus un acte d’entre-aide ou d’assistance. Malgré cette loi, la mauvaise réputation du milieu hospitalier persiste : durant l’entre-deux-guerres, les femmes bourgeoises préfèrent rester au domicile pour accoucher, alors que les paysannes, quant à elles, donnent naissance dans les services obstétriques.

À partir des années 50, la majorité des accouchements ont désormais lieu en centres hospitaliers. Les obstétriciens Lamaze et Vellay importent une méthode d’Accouchement Sans Douleur (ASD), tout droit venue d’un contexte de propagande politique en URSS. En agissant sur l’anxiété, l’éducation physique et psychique qui leur est apportée tend à faire disparaître toute perception de la douleur lors de l’enfantement. Méthode miracle rapidement adoptée par toutes les maternités de France…

Le Docteur Lamaze enseignant l’Accouchement Sans Douleur, en 1952.
…Mais 20 ans plus tard, cette méthode perd toute sa crédibilité suite aux témoignages de femmes victimes d’une prise en soin maltraitante lors de l’enfantement « sans douleur ». Les techniques d’enseignement, sourire et respiration, sont conçues pour endoctriner les femmes à masquer leur douleur : si elles souffrent malgré le cours de préparation à l’ASD, c’est qu’elles sont défaillantes. Les accouchements sont également évalués par les équipes de santé sous forme de notes et d’appréciations. Concrètement, l’Accouchement Sans Douleur est une méthode de confort pour le corps médical, très vite habitué au silence de mort qui règne dans les salles de naissance.

Comme points positifs de cette méthode affreusement barbare, on peut retenir l’intégration des maris dans les salles d’accouchement, ainsi que l’information apportée aux femmes sur la féminité et sur les conditionnements culturels de la souffrance pendant la mise au monde.
La péridurale prend vite la place de l’ASD au cours des années 70. Le corps médical renforce son emprise sur les femmes enceintes par la prise en charge de la douleur. D’autres parts, les femmes sont dissuadées de ne croire sur parole que les professionnels de l’obstétrique et de se détacher de la parole des femmes de leur entourage.

De nos jours, l’accouchement médicalisé est une norme, seules 1 à 2 femmes sur 100 enfantent à domicile en France. En quelques siècles, les femmes se sont progressivement tournées vers les maternités pour espérer accoucher en toute sécurité, sans douleur et sans mutilation. Le système de santé obstétrique français ne devrait-il pas s’inspirer des Pays-Bas, qui permettent 1 accouchement sur 3 à domicile ?

Abus de pouvoir en consultation gynécologique

En France, la santé sexuelle et reproductive féminine est prise en charge par la gynécologie médicale. Dans les discours préventifs et éducatifs faits aux femmes lors des consultations, l’idée que la contraception relève de l’unique responsabilité féminine est renforcée, alors qu’elles ne sont fertiles que quelques jours par mois, contrairement aux hommes qui produisent des spermatozoïdes au quotidien.

La construction de modes contraceptifs sexuellement différenciés contribue à inscrire la sexualité des femmes dans une dimension uniquement hétérosexuelle, excluant donc la question de l’homosexualité, sujet peu abordé car tabou dans le monde de la gynécologie médicale.

Quant aux femmes handicapées, elles représentent la population la plus vulnérable aux actes de violences gynécologiques. C’est le cas de Alya, atteinte d’une maladie génétique rare. Au cours de sa prise en soins gynécologiques, elle subit de graves violences physiques : chantage médical, menaces, pression psychologique, abus de pouvoir, et viol. Malgré son refus catégorique exprimé lors d’une consultation gynécologique, Alya est victime d’un acte de pénétration sexuelle par spéculum. Elle dépose plainte pour viol au Conseil de l’Ordre des Médecins, en vain : corporatisme et vénalité protègent le professionnel de santé. Pour conduire un médecin en justice, c’est un branle-bas de combat.

« Les médecins qui exercent des  violences sexuelles sont protégés par leur statut social qui les maintient à l’abri de la loi. »
Murielle Salmona, psychiatre et experte en victimologie.

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Petite histoire du spéculum

Portrait du Docteur James Marion Sims

James Marion Sims est le père fondateur de la gynécologie moderne. Cet homme, réputé comme sexiste, violent et raciste, invente en 1845 le spéculum vaginal, instrument en métal (ou en plastique) permettant d’observer la cavité vaginale et le col utérin. Pourtant, James Sims ne supporte pas cet acte « détestable » qu’est d’observer un organe féminin. Il se servira longtemps de cet instrument intelligent et révolutionnaire pour opérer des femmes noires esclaves, à vif.

Spéculum du XIXème siècle

Cet instrument, les femmes le redoutent. Nombre d’entre elles ont vécu une expérience douloureuse, voire traumatisante lors de son insertion dans la cavité vaginale. Cependant, il ne s’agit pas d’une douleur causée par l’appareil lui-même, mais par le geste indélicat exercé par le soignant qui l’insère.

L’un des objectifs fondamentaux de la gynécologie médicale est de faire diminuer le nombre d’Interruptions Volontaires de Grossesse (IVG). Or, en France, environ deux tiers des grossesses non désirées concernent des femmes qui possèdent une contraception. La raison ? Un manque cruel d’information quant aux libres choix des femmes de leur contraception.

Alors que des centaines de femmes nullipares se voient refuser la pose d’un Dispositif Intra-Utérin (DIU), plus communément appelé stérilet, contraception vingt fois plus efficace que la pilule, les autorités sanitaires françaises reconnaissent pourtant que le stérilet peut être utilisé à tous les âges. D’après les croyances erronées des praticiens, le DIU est une méthode contraceptive dangereuse pour la fertilité. Cette fausse rumeur provient de la faculté de médecine qui, dans les années 80, a décrété que cette contraception pouvait être à l’origine d’infections des trompes de Fallope. Ce risque existe uniquement si la femme est atteinte d’une Infection Sexuellement Transmissible (IST).
Autre particularité de cette contraception : la douleur causée par la méthode de pose du stérilet. Cela s’explique par la fâcheuse manie des praticiens d’avoir recours à une pince de Prozzi, dont les extrémités sont extrêmement pointues, pour attraper le col de l’utérus au moment de la pose. La technique de la torpille, non enseignée ni dans les CHU ni dans les écoles, est la solution pour une pose indolore.
Mais le DIU n’est pas le moyen de contraception le plus « rentable » pour les praticiens : une fois mis en place, sa durée de vie est comprise entre 5 et 10 ans, ce qui rend les femmes indépendantes de toute consultation gynécologique pour plusieurs années, contrairement à la pilule, première contraception utilisée en France, dont la prescription médicale nécessite un renouvellement plusieurs fois dans l’année. Quant à leur coût, le stérilet est en partie remboursé, à l’inverse de la pilule, non prise en charge par la Sécurité Sociale.

Les différents Dispositifs Intra-Utérins

En gynécologie, les recours à la contraception d’urgence, l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) ou encore la Procréation Médicalement Assistée (PMA) représentent des situations opportunes pour certains professionnels de santé souhaitant exprimer des jugements sexistes et des convictions misogynes. Les témoignages les révèlent comme des agissements délétères, confrontant les femmes à un véritable parcours du combattant pour parvenir à l’une de ces options.

Alors qu’une entrave à l’avortement est passible d’un emprisonnement de 2 ans et de 30000 euros d’amende d’après le Code de la Santé publique, nombreuses sont les femmes victimes de pressions morales et psychologiques qui les freinent, voire les empêchent d’accéder à l’IVG. L’article L2212-2 de ce même Code certifie qu’un médecin n’est jamais tenu de pratiquer un avortement, il doit alors en informer la patiente et obligatoirement la rediriger vers un autre praticien. Or, par abus de pouvoir des soignants et manques d’information, de temps et de centres adaptés, ce sont près de 6000 femmes qui passent la frontière chaque année pour se faire avorter.
Malgré une amélioration de la loi IVG apportée en 2016 qui donne accès à un arrêt de travail de 4 jours, des membres du Syndicat National des Gynécologues et Obstétriciens de France (SYNGOF) n’ont pas su cacher leur mécontentement face à cette modification de loi. En déniant remettre un arrêt de travail post-IVG pour éviter un coût supplémentaire injustifiable à la société, ces praticiens punissent les femmes de leur choix en leur ajoutant un obstacle supplémentaire : elles ont fauté, ce n’est en aucun cas à la société d’en assumer les conséquences.

Quant à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) exercée en France, elle exclue les femmes célibataires et les couples de femmes homosexuelles. Toutes dénoncent un manque cruel de moyens technologiques, de considération et de suivi de la part des professionnels de santé, les condamnant à se tourner vers les pays limitrophes pour avoir recours à la PMA. Seuls les patients aisés peuvent bénéficier des soins pratiqués en clinique.

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Consultation gynécologique et contraceptions : les 10 règles à retenir

1) Le nombre de vêtements à ôter lors d’une consultation gynécologique banale varie d’un professionnel à un autre : il faut savoir que l’exigence d’une nudité complète ne répond à aucune obligation médicale.

2) Lorsqu’il y a une infection vaginale, le recours au spéculum est complètement anormal.

3) Médecins, gynécologues y compris sages-femmes peuvent prescrire toute contraception.

4) Pour une prescription de contraception hormonale (pilule, patch, anneau vaginal, implant, stérilet hormonal), seule une prise de tension artérielle doit être réalisée. Aucun frottis, toucher vaginal ou autre soin ne doit être exécuté.

5) Le surpoids n’est en aucun cas une contre-indication à la contraception hormonale.

6) La pose d’un stérilet est douloureuse si le professionnel de santé a recours à une pince pour sélectionner le col de l’utérus. Les praticiens qui ont recours à la technique de la torpille (sans pince) est indolore.

7) La palpation des seins, pratique peu utilisée en Belgique, abandonnée au Canada, est utile seulement si les antécédents médicaux la justifient, tels qu’un cancer du sein.

8) La pilule du lendemain ne nécessite pas de prescription, elle peut être délivrée directement en pharmacie, et gratuitement pour les mineurs, d’après le Code de la Santé Publique.

9) Pour dépister un cancer du col de l’utérus, un frottis tous les 3 ans seulement suffit à partir de 25 ans, et non tous les ans.

10) Suite à un avortement, une femme peut bénéficier d’un arrêt de travail de 4 jours, d’après la loi sur l’IVG améliorée en juin 2016, qui peine à se faire appliquer. 

Les différentes contraceptions

Calvaire et boucherie : les pléonasmes de la maternité

Pas si simple pour une femme d’accuser le professionnel de santé qui a sauvé la mère et son bébé, et de remettre en question la maternité, dont la société possède une vision totalement erronée. Considérée comme un heureux événement, la mise au monde d’un enfant est loin d’être épanouissement et bonheur exclusifs : l’accouchement confisque les femmes de leur droit à la parole, camouflé par la réjouissance inébranlable de l’enfantement. Difficilement révélées, les violences obstétricales représentent un tabou sociétal qui condamne la pratique des obstétriciens et l’autorité médicale.


Les 3 étapes fondamentales de l’accouchement

Bien que chaque mise au monde soit unique, voici un petit rappel du déroulement physiologique d’un accouchement :

1) Le déclenchement du travail
Cette étape commence après la perte des eaux, c’est-à-dire lorsque le placenta se fend et perd son liquide amniotique dans lequel le bébé baigne. S’en suivent alors les contractions utérines, fréquentes, régulières et d’intensité croissante : c’est le début de l’ouverture, de la dilatation et du raccourcissement du col de l’utérus, une étape qui peut durer jusqu’à 30 heures. L’engagement du bébé est enclenché.

2) L’expulsion du foetus
Pour que le bébé soit en mesure de sortir par voie basse, il doit impérativement présenter sa tête en premier pour franchir le col de l’utérus et descendre jusqu’à la vulve. Les contractions sont vives et douloureuses et se poursuivent jusqu’à la sortie du bébé.

3) La délivrance
Une fois le bébé né, le cordon ombilical est immédiatement coupé. Les contractions sont stoppées et reprennent quelques quarts d’heure après la mise au monde : l’expulsion du placenta et des membranes est à venir. Cette dernière étape, qui comporte un risque hémorragique grave, est la plus dangereuse pour la mère : son pronostic vital peut être mis en jeu.


Sachez, Mesdames, que la route vers le plus beau jour de votre vie peut s’avérer fastidieuse, voire insoutenable…

Au cours d’un accouchement en maternité, de nombreuses femmes sont susceptibles de subir diverses pratiques traumatisantes, possiblement infligées au cours des trois phases citées ci-dessus.

Le Jour-J approche, le 8ème mois de grossesse touche à sa fin. Avec un peu de chance, la poche des eaux se perfore naturellement, avant le terme de la grossesse, évitant tout un processus de déclenchement des plus grotesques.

Calculé par le gynécologue à partir de la date des dernières règles, ce fameux terme de grossesse correspond à une date butoir prévue pour l’accouchement. Selon Marie-Hélène Lahaye, « cette date est non-discutable, non-modulable, non-négociable. Sauf bien sûr si elle tombe sur un jour férié. » Alors que ce jour présumé d’accouchement est possiblement entaché d’une erreur d’une semaine, aussi incertain soit cet évènement naturel, malheur à vous mesdames si vous avez l’insolence de ne pas mettre au monde votre enfant avant cette date gravée dans le marbre

Toujours pas de contraction ? Pas de temps à perdre, on passe au déclenchement artificiel du travail, une induction artificielle des contractions utérines avant leur survenue naturelle, qui concerne près de 175000 femmes par an, soit plus d’un accouchement sur 5. Alors que le déclenchement nécessite une raison médicale valable, un tiers des femmes qui subissent cette pratique n’en sont pourtant pas informées.


Comment les contractions utérines se déclenchent-t-elles ?

L’ocytocine, plus communément appelée l’hormone de l’amour, est à l’origine de ces contractions musculaires.

Sécrétée à deux reprises au cours de l’accouchement, elle intervient en premier lieu lors du travail, précisément pour dilater le col utérin et pour expulser le foetus, puis après la mise au monde, lors de l’expulsion du placenta et lors de la rétraction de l’utérus afin de limiter les risques hémorragiques. Elle entre en jeu également au cours de l’allaitement.

Ocytocine, le festival féministe dans toute sa splendeur

Ocytocine, c’est aussi le nom que porte le festival féministe français, situé dans le coeur du vallon de Marcillac (Gironde, 33).
Au programme pour un large public : de multiples sujets autour de la féminité sous forme de conférences, ateliers d’écriture et de poésie, théâtre, expositions, projections vidéo, et bien d’autres encore.
Rendez-vous annuel à la saison des amours, au mois de mai.

Plusieurs méthodes toutes aussi barbares les unes que les autres sont possibles, qui infligent d’atroces douleurs, condamnant la future mère au recours à la péridurale, et augmentent les risques d’extraction instrumentale (épisiotomie inclue dans le packaging), de césarienne et d’hémorragie post-partum. On en retiendra deux :

– Si la poche des eaux ne s’est pas perforée avant la date limite, l’hôpital s’en chargera. Geste classique en service d’obstétrique, la rupture de la poche des eaux consiste à faire écouler le liquide amniotique par perforation manuelle afin d’enclencher plus rapidement le travail, et donc les contractions. En plus d’être une manoeuvre douloureuse, elle peut être à l’origine d’autres complications dangereuses, tant pour la mère que pour le bébé (détresse foetale, descente du cordon ombilical avant le bébé, risque infectieux).

– Si la rupture des eaux, manuelle ou naturelle, a déjà eu lieu mais que le travail ne va pas assez vite, les injections de drogues entrent en scène. Le misoprostol (commercialisé sous le nom de Cytotec), analogue de synthèse de la prostaglandine E2, est injectée pour déclencher les contractions utérines et accélérer la dilatation du col utérin à raison d’un centimètre par heure. À tort, d’après les organismes tels que la Haute Autorité de Santé (HAS), l’Alliance Francophone pour l’Accouchement Respecté (AFAR) et l’association de lutte contre le Cytotec et sa dangerosité Timéo et les autres, qui bannissent son utilisation obstétricale. Problème : cette drogue qui ne possède aucun antidote et dont on ne peut stopper les effets augmente le rythme et l’intensité des contractions, pouvant emprisonner le bébé dans l’utérus en suractivité, le privant des phases de repos régulières qui assurent sa bonne oxygénation. Après l’accouchement, l’utérus se fatigue, difficilement contracté lors de la délivrance du placenta, pouvant engendrer de graves hémorragies en cas de fortes dose, voire la mort de la mère. À l’origine, ce médicament est utilisé dans le traitement des ulcères gastriques, et lors des IVG pour l’un de ses effets indésirables qui entraine des contractions utérines et un relâchement du col de l’utérus. Malgré les maintes alertes recensées sur l’utilisation de cette hormone de synthèse, les obstétriciens y ont toujours recours pour son efficacité rapide, son moindre coût et son stockage facile.

D’un point de vue confort, les futures mères possèdent rarement le choix quant à la position de leur accouchement. Difficile d’éviter la position en décubitus dorsal, imposée pour le confort des professionnels de santé. Allongées sur le dos, jambes en l’air et pieds reposés sur les étriers, les femmes se soumettent à une posture horizontale absurde pour expulser le bébé : aucune loi de gravité n’est respectée, tout le poids du futur nouveau né entraîne compression des organes et des artères, accentuant considérablement les douleurs dorsales de la mère et empêchant une circulation sanguine adéquate.
Outre l’aberration mécanique de cette position qui est défavorable à l’avancée du bébé, le décubitus dorsal peut lui causer d’importantes complications : pour une femme, être allongée sur le dos provoque un important rétrécissement de l’orifice vaginal, ce qui ralenti, voire bloque le bébé dans le bassin, lui affligeant d’importantes souffrances pouvant le mettre en danger.
Pourquoi imposer un tel risque au foetus ?
Premièrement, le monitoring est un appareil qui a pour fonction d’enregistrer la fréquence cardiaque du foetus et les contractions utérines. Cette preuve médico-légale permet une surveillance précise de l’état de santé du bébé, et de s’assurer qu’il n’est pas en souffrance pendant l’expulsion. Mais pour obtenir une efficacité optimale du bon fonctionnement de cet appareil, la femme qui accouche doit obligatoirement être allongée. Cherchez la logique…
Deuxièmement, les sages-femmes et les obstétriciens apprennent leur métier uniquement sur cette position.
Enfin, quel médecin concevrait s’agenouiller devant une femme pour l’assister dans son accouchement ?


Le décubitus dorsal : du temps de Louis XIV

En 1663, le Roi Louis XIV ordonne à son chirurgien d’accoucher sa maîtresse, Louise de la Vallière, en décubitus dorsal, de sorte à ce qu’ils puissent tous deux observer cette mise au monde sous le meilleur angle. Par la suite, les « mérites » de cette position d’exhibition se feront adopter dans toute l’Europe. Pour les accoucheurs de l’époque, cette « révolution » obstétricale est soucieuse de bonnes moeurs : les femmes accouchent allongées, telles des civilisées, et non à quatre pattes, comme des bêtes sauvages.

Un accouchement au XVIIème siècle

Et les autres positions alors ?

Eh non ! La position en décubitus dorsal est loin d’être le seul recours envisageable. Voici les 5 autres, toutes favorables à la santé du bébé :

– À l’anglaise : sur le côté gauche de préférence, en pliant la jambe supérieure contre la poitrine, la veine cave n’est pas compressée par le bébé, qui est tout aussi bien oxygéné que la future mère.

– Position du ballon : assise sur une chaise ou sur un ballon, le bassin légèrement en avant, les jambes un peu écartées, cette posture est en adéquation avec les lois de la gravité pour aider le foetus à descendre.

– Debout : avec le respect de la loi de la gravité, accoucher debout accélère la descente du foetus et diminue les douleurs.

– Accroupie : pas des plus pratiques à moins d’y être très bien préparée, cette posture soulage très bien le dos en cas de contractions qui se propagent dans les reins. Pour le passage du bébé, elle vous permettra d’atteindre une ouverture vaginale maximale.

– À 4 pattes : cette position est tout aussi favorable que les précédentes, non seulement pour le bébé mais également pour limiter les douleurs de l’accouchement. Si le poids du corps devient insoutenable pour les poignets et les genoux, une alternance est conseillée entre cette position et la première. 

Bébé pointe sa tête, mais il peine encore à sortir du ventre de sa mère ? C’est le tour de l’épisiotomie, acte chirurgical consistant à découper le périnée pour élargir le vagin et accélérer l’expulsion du foetus. Après l’accouchement, cette incision est recousue.
Alors que de nombreux soignants justifient le taux de cette mutilation génitale établi à 30% des accouchements en 2015 pour éviter les déchirures périnéales et l’incontinence (contre seulement 6% en Suède), le Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français (CNGOF) affirme l’absence d’indications prouvées à l’épisiotomie systématique. De plus, des études scientifiques réalisées dans les années 80-90 ont certifié l’inutilité de cette pratique universelle, toujours d’actualité.
Pourquoi infliger une telle violence aux futures mères ? Selon Benoit de Sarcus, chef de service à la maternité de Nanterre, un accouchement prendrait simplement un peu plus de temps sans épisiotomie. Mais les professionnels de l’accouchement sont conditionnés et formés à la sécurité de l’enfant, ce qui explique la multiplication d’actes médicaux, défaut d’hyper-médicalisation, vécus comme traumatisant pour les patientes.

L’épisiotomie médico-latérale

Cet acte obstétrique est considéré comme le plus violent des soins de maternité, non-consenti par près de 85% des femmes qui le subissent : les différentes techniques d’incision possibles présentent toutes sans exception des risques d’hémorragie et de lourdes complications sur la vie sexuelle et sociale des femmes (incontinences urinaires et fécales, rapports sexuels douloureux ou encore cicatrisation algique nécessitant une nouvelle opération)

Bébé est toujours bloqué ? On passe à l’expression abdominale, autre pratique violente des plus dénoncées. Afin d’écourter l’accouchement, les soignants effectuent une pression brutale sur le bas ventre de la femme pour tenter de faire avancer le foetus et de l’empêcher de remonter entre chaque contraction, phénomène on ne peut plus naturel. L’acharnement peut être de taille : paumes de main, coudes, poings enfoncés, à califourchon sur le ventre de la patiente.
Pour réaliser l’ampleur de ce geste violent, Marie-Hélène Delahaye le compare à la défécation : lors de la constipation, ce serait bien absurde de se voir extirpé des toilettes pour s’allonger afin que quelqu’un s’acharne sur notre ventre jusqu’à ce qu’expulsion s’en suive.
Les témoignages de femmes ayant subi l’expression abdominale révèlent « une vie foutue par de graves complications«  (fractures de côtes, déchirures périnéales ou anales, lésions d’organes, etc.), réclamant l’abandon de cette pratique. À ce jour, une femme sur 4 qui accouchent subit cette pratique archaïque, pourtant médicalement contre-indiquée par le CIANE.

« Il m’est arrivé de le faire à l’aide d’un drap pour accélérer l’expulsion, mais à condition que le chef de service ne le sache pas car c’était condamné par la hiérarchie. »
Une sage-femme à une patiente.

Si le bébé tarde toujours à naître, il reste la césarienne. Réalisé au bloc opératoire, cet acte chirurgical consiste à inciser les parois abdominales et utérines pour extraire le nouveau-né de l’utérus. Alors que la césarienne était assurée dans l’antiquité sur des femmes mortes en couche, elle concerne tout de même un accouchement sur 5 en France.

Accouchement par césarienne

Une seconde grossesse est envisagée ou en cours ? Le traumatisme de la première mise au monde orientera peut-être la mère vers cette dernière option : une césarienne pour rester endormie, et ne jamais revivre cette heureux évènement traumatisant.

Contrôler les femmes, une volonté institutionnalisée

Depuis de nombreuses années, la gynécologie et l’obstétrique sont assurées par une domination patriarcale qui engendre des violences de genre, médicalement institutionnalisées.

Au coeur du domaine médical, notamment la gynécologie et l’obstétrique, la maltraitance est une réalité qui peut rester invisible aux victimes elles-mêmes. Car la douleur reste perçue comme inhérente à la condition féminine. Car avoir un utérus, c’est [accepter de] souffrir.
Dans notre société occidentale, la douleur est associée à la physiologie féminine : douleur de règles, grossesse, accouchement, ménopause. Tandis que les hommes se doivent d’assumer une virilité résistante à la souffrance, cette société conduit les femmes à s’approprier la douleur pour affirmer leur féminité.
Concernant l’obstétrique, nombreuses sont les femmes qui se font à l’idée que l’accouchement est un moment dangereux et difficile à vivre. D’autres, qui ont déjà vécu un accouchement, sont convaincues que leur corps est défaillant et qu’elles ou leur bébé n’auraient pas « survécu » à cette épreuve sans l’intervention du corps médical.
On parle alors de soumission librement consentie, qui n’est d’autre que « le résultat d’une interaction qui mène une personne à adopter le comportement que l’on attend d’elle tout en lui faisant croire qu’elle est responsable de ses décisions« . Cette manoeuvre manipulatrice, les acteurs de soins y ont fréquemment recours pour déguiser les pressions qui pèsent sur le choix qui, selon eux, est le plus approprié, tout en laissant aux femmes l’impression d’être actrices de leur santé.
Dans le domaine de l’obstétrique, cette soumission est accentuée par la prise en otage de l’enfant à naître. Car, après tout, ce qui compte, c’est que le bébé aille bien.


Palmarès des violences obstétricales

Les femmes enceintes qui débarquent avec un projet d’accouchement dans les services de maternité, cliniques et hôpitaux confondus, sont passibles d’entrer en conflit avec les professionnels de santé. A l’heure où ces institutions font preuve de violences envers les patientes, ce sont les cliniques qui détiennent le triste record du plus grand nombre de violences infligées aux patientes, comprenant expressions abdominales, épisiotomies, déclenchement et césariennes.

Les abus de pouvoir ou de confiance que subissent les patientes par les médecins s’expliquent par la catégorie professionnelle de ces derniers. Autoritaires et détenant le savoir, les médecins représentent les patientes, vulnérables. Placés sur un piédestal et surprotégés par la solidarité confraternelle de l’Ordre des Médecins, ils sont difficilement atteignables sur le plan juridique et se permettent donc d’enfreindre à la loi de manière banalisée.
Cette posture de domination ultime institutionnalise une terrible violence que l’on retrouve non seulement dans les services de soins, mais également dans les formations médicales et paramédicales. Bizutages qui salissent l’image de la femme, sexuellement violentée ; fresques pornographiques omniprésentes en salles de garde des Centre Hospitaliers Universitaires ; harcèlement sexuel infligé aux femmes médecins et dans le paramédical… Le monde hospitalo-universitaire est structuré telle une société de castes rigide, bloquée par une hiérarchie sexiste.
Et cela ne s’arrange pas depuis l’instauration des nouvelles techniques d’organisation et de gestion des services hospitaliers, qui entrainent une dégradation des soins qualitatifs pour laisser place à la quantité. C’est ce qu’explique Valérie Auslender, dans son récit Omerta à l’Hôpital sur la maltraitance des étudiants en santé. Confrontés à une surcharge de travail axée sur la traçabilité, les professionnels de santé, devenus maltraitants envers les patients et les étudiants, doivent être polyvalents pour former les étudiants et « soigner » les patients, ces derniers étant devenus des indicateurs chiffrés pour une meilleure rentabilité.

Pour les sages-femmes, leur formation professionnelle est encore sous la tutelle des gynécologues-obstétriciens, malgré leur indépendance professionnelle rappelée dans le Code de déontologie de leur profession. Alors qu’une sage-femme et un médecin détiennent le même degré de responsabilité, la hiérarchie subsiste pourtant, bien qu’elle ne soit justifiée légalement.
Victimes des pouvoirs publics et de la volonté corporatiste des gynécologues-obstétriciens, les sages-femmes sont contraintes d’exercer leur profession uniquement dans les cliniques et les hôpitaux, pour une question de sécurité et d’encadrement des accouchements. Depuis le décret de 1972, les établissements d’accouchement tenues par les sage-femmes, incluant les cliniques obstétricales et les maternités des hôpitaux locaux, ont progressivement fermé leurs portes. A ce jour, on ne compte que 540 des 1369 instituts dans les années 70.
Pour les Maisons de naissance (MDN), lieux d’accouchement situés en dehors des murs hospitaliers et gérés par des sages-femmes qui prônent pour une pratique médicale douce, respectueuse et non-intrusive, les pressions du CNGOF et du ministère de la santé sont de taille : certaines MDN peinent à ouvrir leurs portes, dû à l’acharnement des autorités et des responsables médicaux, obsédés par la sécurité des patientes et suspectés de contrôler la profession des sage-femmes.

« Si une sage-femme décide d’exercer uniquement en Maison de naissance, elle sera obligée de pratiquer des dépassements d’honoraires pour vivre de son métier. »

Quant aux accouchements à domicile, encouragés en Angleterre et dominant aux Pays-Bas, la question reste très sensible en France, voire totalement tabou. Si l’on en suit la logique de l’opinion publique, la chute de la mortalité mère-enfant lors d’un accouchement résulte surtout de l’amélioration des conditions de vie, de la santé de la population et des progrès  de la médecine (gynécologique). A quoi bon revenir en arrière ?
Pourtant, des études anglo-saxonnes ont démontré que, bien encadré, un accouchement à bas risque se déroule tout aussi bien à la maison qu’à l’hôpital. Bien que les textes de loi français n’interdisent pas cette pratique, les pouvoirs publics tendent à la rendre irréalisable. L’information reste quasi inexistante ou déloyale sur le sujet, et les sage-femmes se voient faiblement rémunérées et dans l’impossibilité de contracter une assurance pour cette activité.

Alors que 8 accouchements sur 10 ne rencontrent aucune complication, les pouvoirs publics français s’assurent qu’ils soient tous médicalisés. De ce fait, la maternité est médicalement définie par l’incapacité des femmes à mettre au monde leur enfant par elles-mêmes.


Violences gynécologiques et obstétricales : comment se défendre ?

Corporatisme, protection de l’Ordre des Médecins… En cas de violences, les professionnels de santé sont difficilement attaquables en justice. De nombreuses procédures peuvent être engagées, mais les soignants présentent rarement leur mea culpa au cours des procédures.
Les femmes réfléchissent à deux fois avant de passer le pas, car les procès sont souvent vécus comme une seconde violence : la responsabilité est rejetée sur les patientes, considérées comme simples d’esprit ou déséquilibrées. En plus de faire face à de longues procédures et coûteuses, les femmes sont démunies, à raison d’un maigre réseau juridique. 

Dénoncer des actes violents gynécologiques ou obstétriques ?

Le groupe facebook privé Stop à l’impunité des Violences Obstétricales (SIVO) qui a donné naissance à l’Institut de Recherche et d’Actions pour la Santé des Femmes (IRASF) récoltent, de manière confidentielle, les noms des personnes et des maternités auteurs de Violences Obstétricales et Gynécologiques, dans le but de mettre en relation les victimes.
Sur leur site, vous trouverez un
 questionnaire de dénonciation.

 


Autres sources :

– Item 22 : Accouchement, délivrance et suites de couches normales ; Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF).

Les différentes positions pour accoucher ; babyfrance.com.

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